Les modes de scrutin comptent.
En 2020, la liste aux élections sénatoriales "Ne votez pas pour notre liste" alertait les grands électeurs du Rhône sur les limites démocratiques de l'élection des conseillers des métropoles.
En 2026, la situation ne s'est pas améliorée, à Lyon elle a même empiré.
Animé de petits calculs électoralistes pour la capitale, le législateur a voulu que trois élections se tiennent le même jour à Lyon (arrondissement, commune, métropole)
Cette situation va rendre encore plus confus les enjeux électoraux et, au final, abîmer la démocratie locale.
Aucun parlementaire du Rhône, aucun grand élu de la métropole n'a tenté de s'opposer à cette réforme bâclée du scrutin PLM.
Des électeurs de la métropole ont donc décidé de présenter une liste sur une circonscription de la métropole de Lyon pour dénoncer une telle situation.
Ce n'est pas la première fois que les modes de scrutin sont instrumentalisés.
En 1965, une loi électorale modifie le scrutin aux élections municipales de Paris, Lyon et Marseille dont les conseillers sont élus par secteur. La règle prévoit que le nom du candidat au poste de maire ne peut figurer que sur les bulletins de l'arrondissement dans lequel il se présente.
Pour contourner cette contrainte, le maire sortant de Lyon, Louis Pradel, intitule sa liste "Pour la Réalisation Active Des Espérances Lyonnaises" ce qui lui permet d'imprimer le sigle P.R.A.D.E.L. sur tous les bulletins.
En 1977, des compétiteurs joueront de cette astuce en présentant une liste intitulée "Groupement Unique Indépendant Garantissant Nouvelle Orientation Lyon" G.U.I.G.N.O.L.
En 2026, la liste "Groupement d'Électeurs pour un Renouveau de l'Agglomération Réellement Démocratique"- G.E.R.A.R.D. n'entend pas seulement faire écho à cette histoire électorale locale et rendre un modeste hommage à l'inventeur de la métropole de Lyon, collectivité locale unique de part ses compétences et son budget.
La liste G.E.R.A.R.D. espère surtout lancer un débat public local sur un mode de scrutin plus démocratique pour les élections métropolitaines à venir.
Calendrier, nombre de circonscriptions, niveau de la prime majoritaire… autant de questions dont pourrait s'emparer une véritable convention citoyenne métropolitaine pour proposer, de manière indépendante, un nouveau mode de scrutin à la hauteur démocratique qu'impose notre territoire singulier.
Pour des raisons évidentes d'économie, la liste G.E.R.A.R.D. ne se présente que dans la petite circonscription métropolitaine de Lyon-est qui couvre la partie située à l'est de la ligne de chemin de fer Paris Lyon Marseille.
Comme l'autorise le code électoral, aucun des 7+2 candidats de cette liste n'est domicilié dans cette partie de l'agglomération, situation qui ne les aurait pas empêché de décider au nom de l'intérêt général de la métropole.
S'ils avaient été élus…